Vendredi 26 Septembre 2014

L'historique de l'UBA

UBA

Un petit historique concernant ce métier exercé ici sur notre Bassin d'Arcachon. Le titre vous semble étrange ? Vous trouverez l'explication au fil de la lecture. Tout d'abord, un batelier c'est quoi ? C'est l'homme qui conduit le navire ou la barque transportant des marchandises ou des passagers. Dans les temps anciens, c'était le nocher ou le nautonier. Ce terme n'est plus d'usage depuis fort longtemps. Ailleurs, on l'appellera le marinier, le passeur, le gondolier,...

L' histoire des Bateliers du bassin d' Arcachon, est étroitement liée à l'histoire même du Pays de Buch; Création de la ville d' Arcachon ,développement de La Teste, les bains de mer, l'arrivée du chemin de fer (1841 La Teste)avec les trains de plaisir, etc. Nous sommes donc au début du 19ème siècle. Les bateaux à moteur n'existent pas encore. Les gens sont transportés dans des embarcations à l'aviron ou à la voile. Ce sont souvent des femmes de marins qui sont batelières. Soit, les hommes sont à la pêche à la grande mer (l'océan), soit elles sont veuves, ou leur homme est au service de l'état. (à l'époque, les marins servaient 6,7,8 années dans la « Royale »! Ils étaient parfois rappelés lors des hostilités qui pouvaient durer 1,2 ou3 années supplémentaires!)

D'ailleurs, ces quelques notes de M. Robert Aufan *
Depuis La Teste, on accédait le plus souvent à ces établissements (les bains de mer)en pinasse. En 1838 il fallait payer ; pour 3 personnes,
-1,50 francs pour aller à l'établissement Lesca,
-3,50 pour les établissement Gaillard et Legallais,(aller-retour)
-4,80 pour La Chapelle

Mais les rapports entre touristes et batelières faisaient parfois l'objet de «discussions vives» concernant les prix que les voyageurs estimaient parfois «exagérés». C'est pourquoi le 28 août 1844, le Maire de La Teste signa un arrêté de fixation des tarifs. Ceux-ci, dégressifs en fonction du nombre de passagers, six au maximum par bateau, variaient ainsi (par personne) : La Teste-Aiguillon et Lesca : 1 à 3 francs l'aller, La Teste-Gaillard et Legallais : 1,25 à 4 francs l'aller La Teste-La Chapelle : 2 à 4,50 francs aller-retour, La Teste-Cap Ferret : 4 à 6 francs aller-retour En 1845 un nouveau tarif fut fixé par un arrêté municipal du 24 avril : 1,80 franc jusqu'à 3 personnes de La Teste à l'établissement Lesca, 2,70 à ceux de Legallais et Gaillard, 4,80 aller-retour jusqu'à La Chapelle, 6 francs aller-retour pour le Ferret ou l'Île aux Oiseaux.

Cette augmentation des tarifs était due à l'obligation faite aux batelières de s'adjoindre un marin «pour la satisfaction et sécurité des voyageurs». L'arrêté précisait d'autre part, toujours pour les mêmes raisons, «qu'aucune embarcation dite petite tillole ou bâtarde ne pourra, dans aucun cas, transporter plus de six personnes à la fois».

* source: La naissance d'Arcachon, de la forêt à la Ville, 1823-1857 » de Robert Aufan publié en 1994
Nous voici donc dans la 1ère moitié du XIX ème siècle, et cette partie du Bassin est en pleine effervescence. Depuis longtemps, le Havre d'Arcachon est sillonné par de nombreux navires (à lire) Le commerce par voie maritime y est très actif. Les produits provenant des forêts avoisinantes sont exportés, tels la gemme, les poix, les goudrons, puis ensuite les poteaux de mines. Ce sont les débuts de l'ostréiculture, la pêche bat son plein. Le 1er chalutier à vapeur du monde a été armé à Arcachon par le Capitaine Allègre en 1840
L'ensemencement en pins de l'Aquitaine produit ces effets. Le pays est devenu un nouvel eldorado ! Nombreux sont les étrangers qui se sont implantés dans la région pour y faire fortune ou connaître la ruine.

Nous sommes donc au milieu du XIXème siècle, les Etablissements de Bains existent déjà à Gujan- Mestras et La Teste en bordure des plages dans les quartiers d' Eyrac et jusqu'à La Chapelle. Les Bordelais notamment y viennent par le chemin de fer ou ils arrivent en gare de La Teste. (Terminus) Pas de route jusqu'à ces établissements sinon des chemins cahoteux empruntés par des voitures à sable, ou alors les pinasses comme moyen de transport. 1857 Naissance de la Ville d' ARCACHON --- Le 2 Mai 1857, Arcachon est érigée en commune par décret impérial de Napoléon III. C'est à cette même date que la ligne de chemin de fer entre Bordeaux et La Teste est prolongée jusqu'à Arcachon. Afin de rentabiliser cet investissement, les Frères Péreire, Emile et Isaac (riches banquiers et principaux actionnaires de la Compagnie des Chemins de Fer du Midi) achètent pour leur compte et celui de la Compagnie, 96 ha de terrains forestiers et créent la ville d'Hiver. Dès le printemps 1862, avenues et rues sont tracées, casino et villas sortent de sable. Des villas cossues de tout style apparaissent dans un dédale de petites «allées courbes brise-vent ». La vogue des bains de mer attire ici une « colonie étrangère » d'altesses et de célébrités, têtes couronnées, grandes familles, hommes de lettres et artistes lyriques. Le front de mer, sur près de trois kilomètres, voit se bâtir chalets et villas préfigurant ainsi la ville d'Eté . C'est le début de l'essor d'Arcachon.


Un ouvrage publié en 1880 indique les excursions à faire à Arcachon, notament celles maritimes. Une page de ce livre, comporte une carte du bassin dessinée par Paul Regnauld, neveu d' Emile Péreire. Il s'appelle Guide de l' Etranger(à consulter sur le site d'un passionné du Bassin)

Bien entendu les bains de mer se multiplient en même temps que les Villas-Chalets, les new_promenades en bateau également, emmenant même des hommes pratiquant la chasse aux lapins à l'Ile aux oiseaux à la journée ! Pour les mêmes raisons le Cap-Ferret alors désert de sable non desservi par une quelconque route est aussi une destination pour les adeptes de la chasse. (à cette époque et jusqu'en la presqu'île depuis Piquey à la Pointe était commune de La Teste de Buch) Petit à petit, certains organisent des transports maritimes avec bateau à vapeur qu'on appellera selon, le vapeur, ou le courrier. (à l'international ce seront les Long-courriers)
Un des 1ers navires à vapeur effectuant une ligne vers le Cap-Ferret fut "Le BORDELAIS" dès 1864 et ceci 4 fois par semaine !

Nous trouverons encore les navires : "Le CAMPONAC", "Le POINT du JOUR", Le "VILLE de ROCHEFORT", Le SAINTJOSEPH, l' ILE d' OLERON, Le VIGILANT, le STELLA MARIS, Le BELISAIRE, Le CAP-FERRET, Le DALHIA, Le COURRIER du CAP II.

Nombreux furent les bateaux qui à des époques diverses et avec plus ou moins de longévité assurèrent le service, mais aucun n'a laissé autant de souvenirs que le bon vieux " COURRIER". Le premier " COURRIER du CAP" sera réquisitionné en 1914 et envoyé aux Dardanelles avec soixante-dixhuit- pinasses. Il reprendra du service en 1919, finira à la ferraille à Arcachon en 1947 (sources Rebsomen, SHAA).

Le 11 juillet 1931, fut mis en service le "COURRIER du CAP II" appelé primitivement "le Ville de Paimboeuf". Ce 2ème Courrier avait de sinistre mémoire un sister ship " Le Saint-Philibert" dont le naufrage en 1931 fit 467 victimes. Cette époque, bien sûr sera entrecoupée avec les deux guerres mondiales pendants plusieurs années et l'activité bouillonnante d' Arcachon, reprendra de plus belle dès la fin des années 1940.

Le port de pêche également se classera en haut du tableau des ports de pêche de France et ce depuis le début du XXème siècle. Parallèlement à Arcachon, les communes riveraines autour du Bassin se développent, le tourisme né avec les premiers congés payés, est ouvert à une population sans cesse grandissante. La notoriété du Bassin d' Arcachon, répandue par la presse nationale, la venue de personnes célèbres, dont on ne pourrait conter l'histoire ici, font du Bassin d' Arcachon et de la Ville, une destination trés prisée. Son climat, ses huitres,son port de pêche, ses plages, la Dune du Pyla, la desserte par le chemin de fer, etc. L' absence de route pour aller au Cap-Ferret jusqu'en 1929 favorisera le transport maritime pour l'acheminement des marchandises et des voyageurs vers la presqu'île.

Les premières pinasses à moteur et les canots automobiles prirent le relais pour le service des voyageurs. Groupés en deux syndicats rivaux, le S.B.A ou Syndicat des Bateliers Arcachonnais devenu A.B.A , Amicale .., et "les Bateliers Indépendants", les marins se firent pendant quelques années une petite guerre, chacun vantant les mérites des bateaux de sa compagnie, pourfendant la rivale. C'est en 1952, qu'une entente s'est construite autour du vocable qui vous transporte toujours: l' UNION des BATELIERS ARCACHONNAIS désignée par le sigle U.B.A. Ci-dessous quelques photos de navires faisant le transport de passagers et de marchandises entre Arcachon et le Cap-Ferret et excursions sur le bassin d' Arcachon, l'Île aux Oiseaux, Piquey, etc